Je m’appelle Laury Chaudron, je suis infirmière de formation et je travaille au sein des Papillons Blancs du Douaisis depuis 2014. Depuis avril 2023, j’exerce les fonctions de cheffe de service paramédical à la Résidence Jules Mousseron.
Mon parcours s’est construit progressivement, au fil de mes expériences et de mes envies d’évoluer. Ce qui m’a toujours animée, c’est l’accompagnement des personnes, le travail en équipe et la volonté de faire évoluer les pratiques pour proposer un accompagnement toujours plus adapté et respectueux.
Devenir infirmière a avant tout été un choix personnel. J’avais envie d’exercer un métier au contact des personnes, fondé sur la relation et l’accompagnement.
C’est au cours d’un stage que j’ai découvert le secteur du handicap. J’ai été touchée par la richesse de cet accompagnement et par tout ce qu’il y a derrière le soin : favoriser l’autonomie, respecter les choix et les droits de la personne, prendre en compte ses habitudes de vie et construire un accompagnement personnalisé.
Avec le recul, je me rends compte que je n’ai pas choisi uniquement un métier de soins. Prendre soin, ce n’est pas seulement soigner, c’est aussi accompagner une personne dans son projet de vie et lui permettre d’être actrice de son parcours.
Mon parcours au sein de l’association a commencé avant même mon diplôme d’infirmière, avec un stage à la Maison d’Accueil Spécialisée de Féchain. Cette première expérience m’a beaucoup plu et, après l’obtention de mon diplôme, j’y ai naturellement débuté ma carrière en septembre 2014.
Au fil des années, j’ai développé un intérêt pour la coordination, l’organisation et le fonctionnement collectif. J’ai progressivement eu l’opportunité de prendre davantage de responsabilités et de découvrir le management.
Avant d’arriver à la Résidence Jules Mousseron, j’ai effectué deux périodes d’immersion pour découvrir concrètement les missions d’une cheffe de service et conforter mon projet professionnel. J’ai ensuite rejoint la Résidence en mission et pris progressivement de nouvelles responsabilités, jusqu’à exercer aujourd’hui les fonctions de cheffe de service paramédical.
Le CAFERUIS était pour moi une étape importante dans mon évolution professionnelle. J’avais déjà des responsabilités de management, mais je ressentais le besoin de prendre du recul, de structurer mes connaissances et de mieux comprendre les enjeux liés à la fonction de cadre intermédiaire.
Le CAFERUIS est le Certificat d’aptitude aux fonctions d’encadrement et de responsable d’unité d’intervention sociale. Cette formation prépare notamment à l’encadrement d’équipes, à la conduite de projets, à la gestion et à la coordination d’un service, tout en gardant au centre les besoins et les droits des personnes accompagnées.
Elle a aussi représenté un véritable investissement personnel. Il a fallu concilier les cours, les travaux, les stages, mes responsabilités professionnelles et ma vie personnelle. Mais cette expérience m’a permis de prendre confiance, de mieux comprendre ma posture de cadre et de confirmer que c’était bien la voie dans laquelle je souhaitais évoluer.
L’association m’a accompagnée de plusieurs manières : par le financement de la formation, auquel j’ai également contribué avec mon CPF, mais aussi en me permettant d’être absente de mon poste pour suivre les cours et effectuer mes stages.
J’ai vraiment ressenti un accompagnement et une confiance de la part de l’association. Elle m’a donné les moyens de me former tout en conservant mon poste et en construisant progressivement mon projet professionnel.
Est-ce que j’aurais fait cette formation sans ce soutien ? Oui, car j’étais vraiment déterminée. J’avais même réfléchi à un plan B : démissionner, travailler en intérim comme infirmière et suivre la formation en parallèle. J’ai toujours tendance à chercher des solutions et à avoir un plan B, voire un plan C !
Le soutien de l’association m’a néanmoins permis de réaliser ce projet dans de bien meilleures conditions. Au-delà du financement, permettre à un professionnel de se former, c’est aussi lui accorder du temps, lui faire confiance et reconnaître son envie d’évoluer.
C’est forcément une étape importante et une vraie fierté.
Même si j’exerçais déjà depuis trois ans sur ce poste, cette nomination officielle a une symbolique particulière. Elle vient reconnaître un parcours, un investissement et tout le travail accompli pour construire ma posture de cadre.
J’ai surtout ressenti beaucoup de reconnaissance, tout en mesurant la responsabilité qui accompagne cette fonction.
" Se former, ce n’est pas seulement obtenir un diplôme. C’est aussi prendre du recul sur sa pratique, découvrir de nouvelles façons de faire et parfois se découvrir de nouvelles capacités."
Il n’y a pas vraiment de journée type ! C’est justement ce qui rend le métier intéressant.
Le quotidien est partagé entre le management des équipes, l’organisation du service, la coordination avec les professionnels, le suivi des situations des personnes accompagnées, les projets, les réunions, les problématiques RH et les imprévus.
Il faut être capable de passer rapidement d’un sujet à l’autre tout en gardant une vision globale. Une partie importante du travail consiste aussi à faire le lien entre les professionnels, les personnes accompagnées, les familles, les partenaires et la direction.
Ce que j’aime le plus, c’est probablement l’humain, mais à une autre échelle.
J’aime accompagner les professionnels, les voir évoluer, prendre confiance, développer leurs compétences et parfois les aider à faire émerger de nouvelles idées.
J’aime également pouvoir faire avancer les choses. Quand on identifie une difficulté et qu’on arrive collectivement à construire une solution, c’est très satisfaisant.
Et surtout, j’aime garder du sens dans ce que l’on fait. Derrière les organisations, les plannings, les réunions ou les procédures, il y a toujours une finalité : améliorer l’accompagnement des personnes.
Je pense que le management dans le médico-social doit être profondément humain, sans pour autant être confondu avec le fait de tout accepter ou de vouloir faire plaisir à tout le monde.
Pour moi, manager, c’est donner un cadre clair, donner du sens et permettre à chacun de trouver sa place. C’est savoir écouter, mais aussi savoir décider lorsque c’est nécessaire.
Je crois beaucoup à un management participatif, dans lequel les équipes peuvent être actrices des projets et des décisions. Mais cette participation fonctionne justement parce qu’il existe un cadre.
Je leur dirais : osez.
On peut parfois se dire qu’une formation est trop longue, qu’on n’a pas le temps, qu’on n’est pas forcément légitime ou que ce n’est peut-être pas le bon moment. J’ai moi-même eu des doutes.
Mais se former, ce n’est pas seulement obtenir un diplôme. C’est aussi prendre du recul sur sa pratique, découvrir de nouvelles façons de faire et parfois se découvrir de nouvelles capacités.
Il ne faut pas forcément avoir un projet parfaitement défini dès le départ. L’important est d’oser ouvrir une porte.
Et surtout, je pense qu’il faut profiter des possibilités que peut offrir l’association. Mon parcours m’a appris qu’une évolution professionnelle n’est pas forcément quelque chose que l’on planifie entièrement.
Parfois, elle commence simplement par une envie, une opportunité et le courage de se dire : « Et pourquoi pas moi ? »